SPÉCIAL FEMMES – CÉLINE PRÉVOST, L’AUTORITÉ TRANQUILLE DES VOIES


À l’occasion de l’événement national Roadtrain Girly en lien avec la Journée internationale des droits des femmes, MECATEAMCLUSTER brosse le portrait de plusieurs femmes. Chaque jour de cette semaine, des femmes issues d’entreprises membres du réseau MECATEAMCLUSTER témoignent de leur parcours et de leur quotidien.

2/5 – Céline Prévost, COSIT de la plateforme MECATEAM : « Il faut rester fidèle à soi-même »

Les appels qui tombent, les machines à faire entrer ou sortir, les entreprises à coordonner, les conducteurs à recadrer si nécessaire. Depuis trois ans et demi, Céline Prévost est la COSIT de la plateforme Mecateam à Montceau-les-Mines. Une fonction charnière, au croisement du terrain et de la responsabilité. « Le maître mot, c’est la protection et la sécurité. »

Rien ne la prédestinait au ferroviaire. Elle quitte le lycée en terminale pour travailler. D’abord La Poste, où elle livre des colis et évolue en interne. Puis la gestion d’un hôtel-restaurant. Enfin la boulangerie d’un ami où elle restera douze ans en tant que vendeuse. Céline ne construit pas un parcours linéaire, mais accumule des expériences. « Repartir à zéro, ça ne me fait pas peur. » C’est précisément ce qu’elle fait lorsque le directeur général de Transifer, lui propose, presque sur le ton de la plaisanterie, de prendre le poste laissé vacant après la démission de la précédente COSIT. Une semaine de formation « extrêmement rapide pour tout voir », puis l’apprentissage sur le terrain au quotidien.

Son rôle est clair : elle est responsable de la sécurité de tous les mouvements sur les voies de la plateforme. Chaque entreprise doit l’appeler avant de circuler hors de son emprise. Elle vérifie l’absence d’obstacles, organise les protections, coordonne les entrées et sorties de machines depuis l’ITE. Elle est aussi cheffe de manœuvre : le conducteur doit suivre ses indications.

Le quotidien est majoritairement masculin. « La quasi-totalité du temps, j’ai affaire à des hommes. » Les tensions existent, notamment avec des intervenants extérieurs peu habitués à recevoir des consignes d’une femme. Face à un conducteur réticent, elle tranche : « Si tu ne veux pas faire comme indiqué, la machine ne bouge pas. » Pas de conflit ouvert, mais une autorité assumée. « Il ne faut pas se laisser marcher dessus. »

Elle dit se sentir plus à l’aise dans des environnements masculins, évoquant des expériences passées moins fluides avec certaines collègues et insiste : elle n’a vécu à ce jour aucun conflit lié au fait qu’elle soit une femme.

Ce qui la retient de son métier, c’est la variété des tâches. « Une entrée de machine n’est jamais la même qu’une autre. » Des aléas, des timings serrés, des interlocuteurs multiples. Elle ne se voit pas enfermée « dans un bureau H24 ». À celles qui hésitent, elle conseille de « se faire confiance, d’avoir un minimum de caractère et de rester fidèle à soi-même ». Dans cet univers de rails et d’engins, Céline Prévost occupe une fonction stratégique et sait se faire respecter.

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