À l’occasion de l’événement national Roadtrain Girly en lien avec la Journée internationale des droits des femmes, MECATEAMCLUSTER brosse le portrait de plusieurs femmes. Chaque jour de cette semaine, des femmes issues d’entreprises membres du réseau MECATEAMCLUSTER témoignent de leur parcours et de leur quotidien.
3/5 – Marine Zint, 26 ans, ingénieure d’études chez FRAMAFER : « J’ai toujours été bien intégrée »
À 26 ans, Marine Zint est ingénieure d’études chez le constructeur d’engins de travaux ferroviaires FRAMAFER depuis octobre 2025. Diplômée de l’École nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) en 2022, en mécanique et productique, Marine débute sa carrière dans le secteur hospitalier à Strasbourg. Une première expérience enrichissante, mais éloignée du terrain technique qu’elle affectionne. Elle décide alors de reprendre une formation d’ingénieur soudeur à l’Institut de Soudure, un profil rare et recherché.
Une candidature spontanée chez FRAMAFER lui permet d’effectuer un stage de trois mois, avant d’être recrutée quelques mois plus tard. Son poste combine études mécaniques et coordination en soudage. Conception assistée par ordinateur, calculs par éléments finis pour vérifier la résistance des châssis, suivi des qualifications des soudeurs, préparation des dossiers techniques : son quotidien est varié, partagé entre bureau d’études et atelier. « Chaque journée est différente », souligne-t-elle. Cette diversité nourrit son engagement dans un secteur ferroviaire exigeant, où l’expérience et la rigueur comptent beaucoup.
Comme souvent dans les filières mécaniques, les femmes restent peu nombreuses. En école d’ingénieurs, elles étaient 6 sur 35 étudiants dans sa promotion. Dans certains groupes de travaux pratiques, elle était la seule femme. « Au début, sur certains travaux de groupe, ça pouvait être un peu compliqué. Tu es une fille, tu n’as pas toujours ton mot à dire. Mais il faut être sûre de soi, ne pas se laisser faire. » Pas de récit spectaculaire de discrimination, pas de conflit ouvert. Plutôt une réalité diffuse : celle d’un environnement où il faut parfois prouver davantage et persévérer.
Aujourd’hui encore, au bureau d’études de son entreprise, elles sont trois sur une vingtaine de collaborateurs. Les femmes sont davantage représentées dans les fonctions administratives. Pour autant, Marine décrit un parcours sans difficulté majeure. « J’ai toujours été bien intégrée et je n’ai jamais senti de différence parce que je suis une femme », précise-t-elle. Si une légère appréhension peut exister avant d’entrer dans un environnement majoritairement masculin, son expérience montre qu’il est possible d’y trouver naturellement sa place, sans heurts.
Dans 10 ans, elle se voit évoluer, approfondir son expertise dans un secteur ferroviaire exigeant où les compétences s’acquièrent avec le temps. Son ambition n’est pas de symboliser une cause, mais de progresser dans un métier technique qui la passionne. Voilà le symbole à retenir : pouvoir être ingénieure-soudeuse dans le ferroviaire sans que cela relève de l’exception spectaculaire, mais simplement du parcours professionnel d’une jeune femme reconnue pour ses compétences.